vendredi 20 janvier 2012

Jeanne d'Arc, le mystère des voix

Livre sur Jeanne d'Arc :
Ed. Peleman, 236 pages

Extrait :
Le mystère des Voix

La communication avec l’Invisible est-elle possible ?

La Pucelle d’Orléans soulève des questions essentielles qui, des siècles plus tard, demeurent d’actualité. La communication avec l’Invisible est-elle possible ? Les Ecritures l’affirment, mais les prélats qui la jugent, embarrassés, en ignorent les modalités.

Aujourd’hui, où en sommes-nous ? Reconnaissons-le : les meilleurs théologiens n’ont, à ce jour, pas répondu à cette problématique et les sémiologues n’ont aucunement résolu l’énigme : comment un signe peut-il ordonner une conduite à suivre ? Comment un signe se manifeste-t-il ? Quel est le procédé de décryptage du signe ? Comment le lire, l’interpréter ? Quel est le code de lecture[1] ?

Dès les premières séances, vertige ! Les assesseurs du Tribunal, doctes personnes, confortablement installés dans leurs fonctions sacerdotales, demeurent démunis face à la radicalité des affirmations de la Pucelle. S’attendaient-il à voir comparaître une brute ? La surprise est de taille quand jaillissent ses premières répliques. C’est que chez elle, tout est vrai. Sans componction ni solennité. Oui, Sainte Catherine lui parle. Sainte Marguerite la conseille. Et Saint Michel[2] veille sur elle. Ricanement du rationaliste. L’esprit de notre siècle accepterait tout au plus la poésie surréaliste de ces déclarations sur images de première communiante avant de revêtir la pauvre hallucinée d’une camisole de force. La réalité contondante du fait johannique n’en demeure pas moins : les batailles sont livrées en raison des signes qu’elle a perçus. Ici, l’ingérence du surnaturel dans l’ordre établi a raison des ratiocinations. La réalité témoigne de la valeur des visions.

À toutes les questions, elle répond avec assurance. Elle présente ses interlocuteurs célestes avec toute sa familiarité paysanne. Les docteurs en théologie en sont sidérés : comment Dieu peut-il s’adresser aux hommes, pire : à une femme ? De quel droit peut-elle affirmer sa connivence avec les voix, alors que ce sont eux les maîtres du dogme ?

[1] Voir le film de Joële Van Effenterre, Après la Tempête, portrait d’une femme extraordinaire, Malliat Film, CNC, 2001.

[2] Michel : Mi-Kael. En hébreu : qui est comme Dieu.

mercredi 18 janvier 2012

Jeanne d'Arc : à l'attention des historiens et leur méthode





Un extrait du livre


A l'occasion du 600ème anniversaire de la naissance de la Pucelle d'Orléans, ne serait-il pas temps de dégager Jeanne d'Arc de cet "encerclement" rationaliste qui ne fonde ses thèses que sur la stricte observation des phénomènes et les documents ? Le mystère d'un être se laisse-t-il circonscrire par l'approche historicisante ? L'histoire peut-elle se permettre de n'être qu'une sorte d'archéologie rétrospective ? Je cite ici : "Pour l’historien, le temps passé est révolu et ne survit que par ses traces, celles des faits recensés. Mais la réalité n’est-elle faite que de matière ? Le Temps se laisse-t-il trancher en lamelles de dissection ? Il forme un tissu vivant, composé d’instants émergeants. Le Temps n’est pas une durée, écrit Louis Massignon, mais une constellation d’instants reliés entre eux. C’est cette constellation qui nous intéresse, en ce qu’elle tisse la trame de nos existences, reliées à celles de nos ancêtres, tirant des lignes de force entre présent et passé, projetant au loin ses tentacules vers l’avenir : à l’Histoire, science du temps linéaire, il conviendrait de substituer l’Histoire, science de l’Instant. L’instant étant le point d’émergence de la volonté vivante où se coagule l’événement. Le temps johannique se construit sur cette dynamique : Jeanne d’Arc est une fulgurance qui ne dure que trois ans dans la longue histoire de France. Mais elle pèse d’un poids considérable depuis 600 ans, étant une condensation intense de volonté, une nécessité alimentant le corps vivant que constitue le territoire sur lequel son épopée a imprimé la thématique libératoire… Un livre passionnant sur ce sujet, pour "sortir" Jehanne du cachot des conventions historiques : Jehanne, la Délivrance. L'histoire : "S’absoudre de la doctrine linéariste et s’ouvrir à une connaissance plus vaste du vivant."

mardi 17 janvier 2012

Jeanne d'Arc : la procédure inquisitoriale…


Jeanne d'Arc, le procès d'inquisition


Extrait du livre Jehanne, la Délivrance



La puissance de Cauchon excédait le pouvoir politique. C’est en effet à l’injonction de sa lettre, aussi voluptueuse que menaçante, que le duc du Luxembourg consentit à céder la Pucelle. Les Bourguignons, alliés du Duc acceptèrent, à leur tour, le transfert de la détenue à Rouen. Qui pouvait résister aux amabilités du prélat, dès lors qu’il entendait faire de ce procès une affaire personnelle ? La seule évocation d’une sanction ecclésiale dissolvait toute résistance : aucun prince ne pouvait se permettre de subir une excommunication. La damnation éternelle de l’âme constituait en ce temps l’arme absolue. La moindre maladresse de langage en matière de foi pouvait entraîner la comparution immédiate pour flagrant délit d’hérésie. Arme de dissuasion efficace, l’arsenal des sanctions religieuses enserrait toutes les modalités culturelles, sociales et politiques. Monseigneur recevait la soumission des puissants de ce monde sans qu’il lui soit nécessaire d’imposer sa courtoisie au-delà d’une simple allusion à l’enfer.

Dès les premiers interrogatoires (en réalité des visites secrètes qu’il lui rendait dans sa cellule), l’Evêque comprit qu’avec la Pucelle d’Orléans la partie ne serait pas aisée. Cauchon vit se dresser devant lui une Résistante. Cette femme ne se soumettrait pas au pouvoir de Son Emminence. Elle ne renoncerait à aucune de ses convictions ni n’accepterait de trahir sa cause. Quant à l’obéissance au système, elle ne l’envisagerait qu’à condition que cela soit conforme au commandement de ses voix. Or ses voix précisément lui conseillent de tenir tête. De ne céder en rien, et d’affirmer sans relâche la prévalence des messages divins sur le dogmatisme. Le clash était inévitable, entre deux personnalités, entre deux catégories intellectuelles. D’une part, le religieux, engoncé dans le formalisme et la certitude de détenir la vérité absolue ; d’autre part, l’illuminée, non moins catégorique, affirmant la véracité de son dialogue direct avec ses maîtres célestes.

Avant même la comparution officielle de la détenue, le prélat met au point les grandes lignes de la dramaturgie. Il rassemble un collège d’élites, s’assure de leur soumission — souvent sous la menace — et réunit autant de figurants professionnels priés de s’exprimer à l’unanimité d’une seule opinion : la sienne. Cauchon, lui-même ancien recteur de la Sorbonne, se rêvant peut-être quelque tiare papale, veille à ce que les apparences légales du procès soient respectées, à condition toutefois qu’elles lui garantissent l’issue prévue.

Ces formes dont la violence scandalise toute conscience moderne ne s’embarrassaient pas d’humanisme ou de droits de l’Homme : instruction à charge, absence d’avocat, tortures, intimidations, autant de mauvaises habitudes qui gravèrent pour longtemps leur marque dans le fonctionnement de la justice — y compris républicaine : l’absence d’un défenseur lors de la garde à vue d’un suspect est une de ces lamentables coutumes qui a prévalu dans le droit français pendant des siècles — jusqu’en avril 2011 !


La suite dans le livre :

Jehanne, la délivrance


vendredi 13 janvier 2012

Jeanne d'Arc et l'Inquisition. Le Procès

Un extrait du livre :





En 1429, dès le lendemain du sacre de Charles VII à Reims, les Français poursuivent leur inéluctable progression sur Paris. Déjà les premiers combats s’engagent aux pieds des fossés entourant la capitale dont les soldats Bourguignons ne semblent pas absolument résolus à les défendre. En effet, le Duc de Bourgogne — grand-père du futur Charles Quint — est maître de la cité. Cousin du roi, mais allié des Anglais, il oscille entre de vigoureuses déterminations guerrières et d’habiles manœuvres diplomatiques rendant son ralliement indispensable à l’un et l’autre belligérants. Paris, certes, n’allait pas se rendre. Mais le Duc de Bourgogne n’allait pas poursuivre longtemps la guerre aux côtés des Anglais…
C’est sur ce modus vivendi négocié avec son parent que Charles VII ordonne à ses troupes de cesser provisoirement les combats à l’approche de l’hiver. Les bataillons d’avant-gardes engagés contre Paris, commandés par Jehanne, battent retraite et regagnent l’armée qui se replie vers le Sud.
Pendant ce temps, fidèle à l’Angleterre, Pierre Cauchon se trouve déchu : ayant fuit Reims, diocèse dont il avait la charge, il se fait nommer à Beauvais, grande ville du Nord sous le solide contrôle du régent Bedford. Une aigreur toute personnelle ronge son âme à l’encontre de Charles VII venu se faire couronner dans sa cathédrale. Mais plus encore hait-il la femme l’ayant chassé de son prestigieux évêché. Aussi, dès qu’il apprend la capture de la Pucelle par les hommes du duc du Luxembourg à Compiègne, fait-il immédiatement prévaloir ses exigences.
Les historiens ont étudié la question de droit. Quicherat souligne que la Libératrice d’Orléans n’aurait jamais dû être soumise à quelque procès que ce soit : d’une part, vice de forme. Les juridictions de Compiègne et de Beauvais ne se confondant pas, elle ne pouvait relever d’un tribunal qui siégeait à… Rouen. D’autre part, le statut de la prisonnière : elle venait d’être anoblie par Charles VII. Cette noblesse nouvellement acquise n’interdisait pas son déferrement devant l’Inquisition, mais elle aurait dû inspirer une tout autre issue. Comme c’en était l’usage lors de la capture de prisonniers, elle aurait dû servir d’otage contre le paiement d’une rançon, tractation qui sembla, un temps, s’engager entre les Bourguignons qui la détenaient et le roi de France qui désirait la racheter. Mais la soudaine intervention de l’Evêque, incongrue au regard du droit, donna à l’affaire une tournure inattendue.
De quelle légitimité Beauvais s’estime-t-il investi quand il réclame la livraison de la captive et son transfert à Rouen ? Des règles strictes organisaient le fonctionnement de la justice inquisitoriale qui rendaient impossible, du moins en théorie, toute confusion de compétence. Malgré les arguments discutables qu’il avance, l’Evêque obtient satisfaction. Ses interlocuteurs cèdent : qui aurait tenté de polémiquer avec Cauchon ? Sa notoriété, appuyée sur la puissance anglaise, lui conférait une influence démesurée. Il étendait, non en droit, mais dans les faits, son domaine juridictionnel aussi loin que son autorité personnelle pouvait s’étendre, c’est-à-dire au moins jusqu’à Rome. N’ayant de compte à rendre à personne, pas même au Pape Eugène IV dont il était l’ennemi personnel, il pouvait en toute liberté inquiéter qui que ce soit — y compris l’Inquisiteur Jean Lemaître — sans qu’il n’existât aucune forme de recours remettant en cause l’exercice de son absolutisme. Investi d’un pouvoir illimité et se réclamant de l’infaillibilité divine — qu’il contestait au souverain pontife —, Cauchon offre l’image-archétype du procureur suprême, accusateur surpuissant instruisant à charge dont le spectre hantera la justice française jusqu’à une époque très contemporaine : qu’il nous suffise d’observer le statut du Juge d’instruction, tel qu’il est resté en vigueur, en France, jusqu’à la fin des premières années du XXIème siècle ! Ce magistrat indépendant, pilier d’un système autocratique, n’agissait sous aucun contrôle. Selon son bon vouloir, il pouvait ordonner la séquestration de tout individu lui paraissant suspect, sans que l’apport de preuves ne soit nécessaire. Seule la réforme volontariste et musclée — décriée par les intéressés — imposée par la Cour européenne des droits de l’Homme et mise en œuvre par le politique en 2010 viendra à bout de cet héritage des mœurs médiévales. L’instructeur, désormais, voit sa puissance circonscrite, n’étant plus le seul juge décisionnaire. D’autres juristes, dont le Juge des Libertés, nommés à égalité de pouvoir, veillent à garantir l’équilibre entre accusation, défense et droits de la personne…

234 pages.

mardi 10 janvier 2012

Jeanne d'Arc : une certitude historique


Un extrait du livre

Jehanne, la Délivrance


Pour répondre aux extraordinaires sottises colportées sur Jeanne d'Arc, voici une mise au point :


La certitude historique

De Jeanne d'Arc, nous connaissons tant de choses, jusqu'au détail de son quotidien, grâce aux nombreux originaux qui nous sont parvenus, miraculeusement préservés de l’outrage du temps. Parmi l’un de ces trésors incunables, le fameux relevé des minutes du procès de 1431, rédigé par les greffiers Manchon et Boisguillaume, considéré à l’unanimité des spécialistes comme une pièce manuscrite de haute fiabilité. Partant de ces rapports, les historiens ont accompli un admirable travail de recoupements et de vérifications.

Les méticuleux juristes du Moyen-Âge fournissent à l’enquête les principales pièces à conviction. En effet, tout au long du procès d’Inquisition que subit la Pucelle d’Orléans, les interrogateurs sondèrent son passé, cherchant à obtenir les éléments biographiques pouvant la compromettre. C’est ainsi que les données personnelles de Jehanne sont essentiellement communiquées de sa propre bouche, paroles dûment collationnées, enregistrées sous le sceau de l’authenticité par les préposés au Tribunal lors des 25 semaines que dura sa détention dans les geôles rouennaises.

Qu’elle soit née à Domrémy ne fait aucun doute. Qu’elle eut 20 ans l’année de sa mort non plus. Qu’elle entendit des voix, qu’elle se rendit à Vaucouleurs auprès de Robert de Baudricourt se faire accompagner jusqu’à Chinon, qu’elle y rencontra Charles VII… Tous ces faits sont vérifiés. Ce n’est point mythologie ou légende. Les Inquisiteurs, toujours en embuscade, dans l’attente d’une maladresse, ne laissaient rien s’échapper de ses paroles qui pouvaient les aider à mieux incendier le bûcher commandité par Bedford, Régent du royaume agissant au nom d’Henri V, roi d’Angleterre qui n’était alors qu’un enfant et qui ne règnera jamais.

Oui, nous savons tout sur elle. Aussi, écrit l’historien Quichérat, n’est-il pas de femme dans l’histoire de France dont l’existence n’ait été si bien scrutée, ni passée au filtre de l’instruction la plus pointilleuse. Tout d’abord celle de Jean Lemaître, vice-inquisiteur spécialement détaché auprès du diocèse de Rouen. Il agissait sous les directives de l’ordonnateur du procès, le tristement célèbre Pierre Cauchon, ancien évêque déchu de Reims qui, prenant le parti des Anglais, recouvra son autorité à Beauvais. Ensuite, l’interrogatoire de Jean Beaupère, personnage insidieux, sournois, peureux — très inventif en fourberies — dont l’historien tire cependant avantage : il obligea la détenue à répondre en des points où, en d’autres circonstances, elle serait restée silencieuse. C’est un témoignage inouï qui s’offre ici : celui de la première concernée. Sous le tir croisé des procureurs, elle dévoile de sa vie ce qui lui paraît dicible, sans fausse pudeur, dans le strict respect d’un secret qu’elle partage avec son souverain. Ce qui se donne tout au long de ses dépositions, ce n’est donc point une relation vue ou entendue de l’extérieur, une narration transposée à la troisième personne, propos rapportés qui feraient la gloire d’un roman. C’est le portrait même de Jehanne, par elle-même…


La suite prochainement…

Jehanne, la Délivrance

dimanche 8 janvier 2012

Marine Le Pen et Jeanne d'Arc : une passion…


Jehanne, la Délivrance


À l’instant où la France s'interroge sur son identité, (vaste débat !) le message de Jeanne d'Arc reste-t-il d'actualité ? Faut-il s’étonner qu’en France la candidate à l’élection présidentielle de 2012, désignée par le parti nationaliste, s’adosse passionnément à Jeanne d’Arc ? Certains y voient calcul, manœuvre politique : à notre avis, les choses sont bien plus simples. L’énergie johannique déferle et irrigue le pays depuis six siècles. Elle soutient qui s’y adonne et cela avec autant d’énergie qu’il existe un principe d’analogie entre la candidate et Jeanne d’Arc : la féminité positivement déclarée au service de la Nation, s’arquant et s’appuyant sur la donne transhistorique de la Pucelle d’Orléans. L’extraordinaire montée du parti nationaliste, à la veille de l’échéance 2012, n’est pas due, comme le croient les chroniqueurs, à la récession économique ou la crise bancaire. Ou encore à la crise sociale touchant les classes populaires. Ce n’est pas une sympathie de « réaction » qui porte haut la jeune femme dans les sondages d’opinion. C’est l’approche de l’échéance balisée par l’année 2012, portant le tatouage johannique (1412) sur le corps intemporel de la mémoire nationale.

Y verrait-t-on une imposture de la part de la présidente de ce Parti ? Une sorte d’adduction énergétique calculée qui viendrait se nourrir de l’énergie johannique pour asseoir une situation personnelle ?
L’attitude de Marine Le Pen est-elle feinte ? La presse ridiculise bien assez l’adulation qu’elle voue à la jeune fille d’Orléans et se gausse à souhait de ce pittoresque idolâtrique. Il n’empêche : je crois que cette vénération ne procède d’aucune intention malsaine : il existe, bien au contraire, entre elle et la Pucelle d’Orléans, cette forme d’attraction personnelle, ouvertement déclarée, que l’on pourrait qualifier de "quasi-amoureuse", défiant toute critique issue de l’espace politico-médiatique… Une passion qui pourrait l'emmener bien plus loin que ne l'imaginent les stratèges politiques…




samedi 7 janvier 2012

Sarkozy, Le Pen et Jeanne d'Arc

Jehanne, la Délivrance
234 pages


Nicolas Sarkozy et Jeanne d'Arc : à moins qu’une certaine modestie…

Etant un homme de pouvoir, Nicolas Sarkozy pouvait-il prononcer autre chose qu’un discours parfaitement cadré dans l’esprit qui motive ses ambitions ? Qui lui reprocherait de n’être pas un initié ?

Dans son propos adressé à la mémoire de Jeanne d’Arc, le Président de la République a principalement évoqué l’épopée historique et souligné les valeurs patriotiques, « une des plus belles vertus françaises ». Il a présenté la Pucelle d’Orléans comme le symbole de l’unité nationale. C’est le moins qu’il pouvait en dire, après avoir ressassé la leçon tirée des livres d’histoire.

Reconnaissons au Chef d’Etat d’avoir eu la prudence de ne pas aborder plus avant ce qui lui est inconnu : la Connaissance. Il est resté en dehors de l’essentiel, qu’il a qualifié de « mystère ». Le mystère des voix. Rendez-vous manqué avec Jeanne d’Arc ?

Oui, car toute l’opérativité événementielle dont elle fut l’actrice repose sur son rapport personnel au « voix » et c’est précisément cet aspect que les autorités en charge du destin de notre Nation préfèrent ignorer. Il est aisé de cataloguer dans la série des « mystères » ce que l’on ne cherche pas à comprendre, tout en essayant de tirer bénéfice des résultats obtenus sans aucunement en intégrer la méthodologie. Remporter une victoire électorale en s’adossant sur une série d’hommage historique sans en endosser ni l’idéal, ni la rigueur.

Le discours du Chef d’Etat, historicisant, aura été forcément très anecdotique, sans aucun contrefort métaphysique qui lui aurait donné l’assise spirituelle. Tandis que la personnalité de Jehanne est tout entière construite sur sa relation avec l’Invisible, le politique moderne demeure en lisière de toute liaison avec l’Esprit. En aurait-il l’intuition, que la peur de blesser la pensée dite « laïque » lui interdit de se prononcer ou de se rallier. A quelle extraordinaire distance dès lors se tient le discours officiel de la réalité métaphysique !

Il me semble que le Président Sarkozy, au fond, s’en est assez bien tiré, reléguant ce qu’il ignore dans la mystérieuse prudence — j’allais dire respectueuse.

Voyons ce que Marine Le Pen en pense, elle dont la passion pour Jeanne d’Arc ne date pas d’hier…


A lire dans le livre :

Jehanne, la Délivrance

234 pages. Ouvrage relié.

Un superbe livre sur Jeanne d'Arc, le Mystère de Voix.

mercredi 4 janvier 2012

Nicolas Sarkozy à Domrémy et Vaucouleurs…



VISITE PRESIDENTIELLE A DOMREMY ET VAUCOULEURS

Le 6 janvier 2012, à l’occasion du 600ème anniversaire de la naissance de Jeanne d’Arc, le Président Nicolas SARKOZY se rend en visite officielle à DOMREMY et VAUCOULEURS.

Le Président se met-il au diapason de l’appel johannique ou s’agit-il d’une ruse, d’une vulgaire pêche aux voix visant l’électorat conservateur catholique ? Est-ce une manipulation ou l’hommage sincère, personnel et représentatif du premier élu de la République rendu à l’une des figures principales de l’Histoire de France ?

N’est-il pas surprenant, en effet, que le Chef de l’Etat vienne saluer une icône de l’Ancien Régime, la République ayant aboli - guillotiné - tous les symboles de la royauté ? Pourquoi, dès lors, le président républicain vient-il se recueillir sur le lieu de naissance de la Pucelle d’Orléans ? Se sentirait-il, en tant que délégué de la République, redevable de quelque dette envers la mémoire johannique ? La République vient-elle puiser à Domrémy une nouvelle source d’inspiration ?

En tant que Chef d’Etat, Nicolas Sarkozy accomplit là un geste de portée symbolique capitale : il signe le lien irréfragable unissant le présent au passé, célébrant l’unité nationale par delà les vicissitudes de l’Histoire. Non qu’il renie la République dont il est le premier élu, mais il réalise un lien, une accolade, une forme de réparation de l’ancienne blessure infligée à la Nation depuis les sauvageries révolutionnaires. Ce geste de conciliation avec la Mémoire dessine une relance de la cohésion nationale. Sur quelles valeurs ?

Effet direct de cette visite à Domrémy-Vaucouleurs : l’énergie johannique, toujours présente dans les lieux, répondra sans doute à l’appel symboliquement lancé par le Président. La mémoire vive de Jeanne d’Arc, depuis 600 ans, déverse en effet une énergie considérable, et se condense à certains moments historiques, lors d’événements tragiques ou solennels : le Général de Gaulle s’en est aperçu, dans ses Mémoires, lui qui lança son appel un 18 juin, date anniversaire de la bataille de Patay qui vit la victoire de Jeanne sur les Occupants de l’époque. Autre date phénoménale : la prise d’Orléans eut lieu un 7-8 mai. Une date symbolique qu’André Malraux a relevée : à mettre en relation avec les prochaines élections présidentielles dont on connaîtra les résultats un 7 mai. Le prochain élu sera forcément quelqu’un qui aura pris contact avec l’énergie johannique.

C’est pourquoi Nicolas Sarkozy accomplit ce voyage : pour se mettre sur le rail énergétique de la Pucelle d’Orléans dont il sait qu’elle pourrait le guider vers la victoire.

Mais suffit-il d’accomplir un acte symbolique, s’il n’est pas accompagné d’une claire conscience du projet à développer ?

L’énergie johannique fusera à Domrémy, plus encore à Vaucouleurs où la Pucelle commença à mettre son projet en œuvre. Le Président Sarkozy sera-t-il à même de recevoir cette énergie ? Son esprit est-il préparé à cette rencontre ? Sera-t-il prêt à recevoir ce qu’il vient chercher : une forme d’adoubement sacré, une investiture transhistorique lui garantissant la victoire élective ?

Vient-il en ces lieux de mémoire commettre un acte de routine que sa fonction lui délègue naturellement, ou vient-il puiser à la source mnémonique des énergies qui ont construit la Nation par le passé ?

Son discours sera-t-il empesé de l’amidon habituel dont il s’est fait le spécialiste : conventionnel et compassé aux idées reçues, au matérialisme ambiant ? Ou se verra-t-il « visité » par une inspiration lui soufflant une nouvelle donne d’ordre spirituel ?

Nicolas Sarkozy a en commun avec la Pucelle d’Orléans cette certitude inébranlable d’être toujours dans le vrai.

A ceci près que Jeanne ne décide jamais par son raisonnement usuel ou de la pensée consensuelle, mais uniquement par l’écoute des Voix. Sa conscience est investie par un système de pensées tout à l’opposé de celui qui formate la réflexion du Président Sarkozy qui, en homme de notre temps, croit à la raison raisonnante, au pouvoir de la science, de la technologie, du rationalisme, de l’économique pratique. Jeanne, tout au contraire, ne croit qu’aux signes, et rejoint par là les grands prophètes bibliques. Elle est tout entière, corps et âme, dévouée jusqu’au sacrifice personnel, à l’Alliance, au sens biblique du terme.

Nicolas Sarkozy rejoindra-t-il ce serment de fidélité ?

Si le Président procède, par cette visite, à une manipulation, alors il risque de subir un court-circuit : l'énergie « déboulera » depuis 1412, électrisera le chef d'Etat, qui, mal préparé, ne serait pas capable de recevoir une telle charge. Il en résulterait une surtension au sens électrique : le Président risquerait de se griller au feu johannique. Parce que notre jeune femme, elle, ne plaisante pas et ne se laissera pas faire : il serait fort possible que s’il devait y avoir manipulation, le maître d’œuvre ne soit pas l’hôte de l’Elysée. Le Grand Ordonnateur des destinées pourrait tirer les ficelles tout autrement qu’aux desiderata personnels.

Deux issues possibles se présentent :

1. S'il s'accorde avec l'Alliance johannique, Nicolas Sarkozy pourrait se voir doté d’une extraordinaire charge énergétique. Sa visite à DOM-rémy et Vaucouleurs pourrait signer une réussite magistrale, à condition qu’il se projette en continuité vers la Connaissance actualisée réalisée par « DOM. Aubier ».

Un kabbaliste ferait la lecture des noms en cause : DOM-REMY = MIRE - DOM = « regarde du côté de DOM. Car c'est là que l'énergie est REMI-se. Cela VAUT LEUR COUP. »

Dès lors, de cette visite pourrait émerger une re-naissance d’un homme et d’un projet politique. Nous assisterions à une forme de « transfiguration » de la personne et de la Nation, à condition qu’après l’hommage historique, le Président se tourne vers l’initiée moderne, clairement désignée par Jehanne, qui actualise la Connaissance en un mode adapté à notre temps.

2. Si le Président manque le rendez-vous avec l’esprit et visite les lieux en mode de spéculation électoraliste sur des intérêts matérialistes, cela pourrait lui être fatal. Il signerait là sa perte politique, l’énergie johannique étant telle que la petitesse du projet n’y résisterait pas.

Il recevrait à Domrémy ou l'investiture-adoubement ou… sa lettre de congé. A moins que...


Jeanne d'Arc, la Délivrance



mardi 3 janvier 2012

Nicolas Sarkozy à Domrémy : Jeanne d'Arc…

Le Président Sarkozy fera-t-il un discours spirituel à Domrémy ?
Sera-t-il inspiré ?

Il est temps, en effet, que l'Esprit s'en mêle, en ces temps calamiteux de matérialisme…

Voici le livre qui pourrait l'inspirer :