mardi 10 janvier 2012

Jeanne d'Arc : une certitude historique


Un extrait du livre

Jehanne, la Délivrance


Pour répondre aux extraordinaires sottises colportées sur Jeanne d'Arc, voici une mise au point :


La certitude historique

De Jeanne d'Arc, nous connaissons tant de choses, jusqu'au détail de son quotidien, grâce aux nombreux originaux qui nous sont parvenus, miraculeusement préservés de l’outrage du temps. Parmi l’un de ces trésors incunables, le fameux relevé des minutes du procès de 1431, rédigé par les greffiers Manchon et Boisguillaume, considéré à l’unanimité des spécialistes comme une pièce manuscrite de haute fiabilité. Partant de ces rapports, les historiens ont accompli un admirable travail de recoupements et de vérifications.

Les méticuleux juristes du Moyen-Âge fournissent à l’enquête les principales pièces à conviction. En effet, tout au long du procès d’Inquisition que subit la Pucelle d’Orléans, les interrogateurs sondèrent son passé, cherchant à obtenir les éléments biographiques pouvant la compromettre. C’est ainsi que les données personnelles de Jehanne sont essentiellement communiquées de sa propre bouche, paroles dûment collationnées, enregistrées sous le sceau de l’authenticité par les préposés au Tribunal lors des 25 semaines que dura sa détention dans les geôles rouennaises.

Qu’elle soit née à Domrémy ne fait aucun doute. Qu’elle eut 20 ans l’année de sa mort non plus. Qu’elle entendit des voix, qu’elle se rendit à Vaucouleurs auprès de Robert de Baudricourt se faire accompagner jusqu’à Chinon, qu’elle y rencontra Charles VII… Tous ces faits sont vérifiés. Ce n’est point mythologie ou légende. Les Inquisiteurs, toujours en embuscade, dans l’attente d’une maladresse, ne laissaient rien s’échapper de ses paroles qui pouvaient les aider à mieux incendier le bûcher commandité par Bedford, Régent du royaume agissant au nom d’Henri V, roi d’Angleterre qui n’était alors qu’un enfant et qui ne règnera jamais.

Oui, nous savons tout sur elle. Aussi, écrit l’historien Quichérat, n’est-il pas de femme dans l’histoire de France dont l’existence n’ait été si bien scrutée, ni passée au filtre de l’instruction la plus pointilleuse. Tout d’abord celle de Jean Lemaître, vice-inquisiteur spécialement détaché auprès du diocèse de Rouen. Il agissait sous les directives de l’ordonnateur du procès, le tristement célèbre Pierre Cauchon, ancien évêque déchu de Reims qui, prenant le parti des Anglais, recouvra son autorité à Beauvais. Ensuite, l’interrogatoire de Jean Beaupère, personnage insidieux, sournois, peureux — très inventif en fourberies — dont l’historien tire cependant avantage : il obligea la détenue à répondre en des points où, en d’autres circonstances, elle serait restée silencieuse. C’est un témoignage inouï qui s’offre ici : celui de la première concernée. Sous le tir croisé des procureurs, elle dévoile de sa vie ce qui lui paraît dicible, sans fausse pudeur, dans le strict respect d’un secret qu’elle partage avec son souverain. Ce qui se donne tout au long de ses dépositions, ce n’est donc point une relation vue ou entendue de l’extérieur, une narration transposée à la troisième personne, propos rapportés qui feraient la gloire d’un roman. C’est le portrait même de Jehanne, par elle-même…


La suite prochainement…

Jehanne, la Délivrance

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