vendredi 20 janvier 2012

Jeanne d'Arc, le mystère des voix

Livre sur Jeanne d'Arc :
Ed. Peleman, 236 pages

Extrait :
Le mystère des Voix

La communication avec l’Invisible est-elle possible ?

La Pucelle d’Orléans soulève des questions essentielles qui, des siècles plus tard, demeurent d’actualité. La communication avec l’Invisible est-elle possible ? Les Ecritures l’affirment, mais les prélats qui la jugent, embarrassés, en ignorent les modalités.

Aujourd’hui, où en sommes-nous ? Reconnaissons-le : les meilleurs théologiens n’ont, à ce jour, pas répondu à cette problématique et les sémiologues n’ont aucunement résolu l’énigme : comment un signe peut-il ordonner une conduite à suivre ? Comment un signe se manifeste-t-il ? Quel est le procédé de décryptage du signe ? Comment le lire, l’interpréter ? Quel est le code de lecture[1] ?

Dès les premières séances, vertige ! Les assesseurs du Tribunal, doctes personnes, confortablement installés dans leurs fonctions sacerdotales, demeurent démunis face à la radicalité des affirmations de la Pucelle. S’attendaient-il à voir comparaître une brute ? La surprise est de taille quand jaillissent ses premières répliques. C’est que chez elle, tout est vrai. Sans componction ni solennité. Oui, Sainte Catherine lui parle. Sainte Marguerite la conseille. Et Saint Michel[2] veille sur elle. Ricanement du rationaliste. L’esprit de notre siècle accepterait tout au plus la poésie surréaliste de ces déclarations sur images de première communiante avant de revêtir la pauvre hallucinée d’une camisole de force. La réalité contondante du fait johannique n’en demeure pas moins : les batailles sont livrées en raison des signes qu’elle a perçus. Ici, l’ingérence du surnaturel dans l’ordre établi a raison des ratiocinations. La réalité témoigne de la valeur des visions.

À toutes les questions, elle répond avec assurance. Elle présente ses interlocuteurs célestes avec toute sa familiarité paysanne. Les docteurs en théologie en sont sidérés : comment Dieu peut-il s’adresser aux hommes, pire : à une femme ? De quel droit peut-elle affirmer sa connivence avec les voix, alors que ce sont eux les maîtres du dogme ?

[1] Voir le film de Joële Van Effenterre, Après la Tempête, portrait d’une femme extraordinaire, Malliat Film, CNC, 2001.

[2] Michel : Mi-Kael. En hébreu : qui est comme Dieu.

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